On en parle de plus en plus dans les médias, mais les imprévus financiers demeurent une réalité pour de nombreux ménages. Pourtant, la constitution d’un fonds d’urgence est parfois reléguée au second plan dans la gestion du budget familial.

Cet exercice fondamental devrait faire partie de la gestion budgétaire de tous les ménages afin de faire face aux mauvaises surprises. Un fonds d’urgence permet de couvrir des dépenses imprévues ou une diminution de revenus sans devoir recourir immédiatement au crédit ou puiser dans ses économies destinées à d’autres projets. D’ailleurs, si vous avez besoin d’aide, certaines applications peuvent vous aider à monter un budget.

Des problèmes de santé, une mise à pied, des besoins d’entretien domiciliaire ou la réparation de la voiture font partie de ces choses qui peuvent arriver même si on préfère l’ignorer.

Pour les propriétaires, une réparation urgente de la toiture, un dégât d’eau, le remplacement d’un appareil électroménager essentiel ou une autre réparation imprévue peuvent également entraîner des dépenses importantes. Avoir une somme mise de côté permet de mieux absorber ces situations et de protéger l’équilibre de son budget.

Le montant à amasser pour votre épargne d’urgence

La recommandation générale est de constituer un fonds d’urgence équivalant à trois à six mois de dépenses courantes. Ce montant peut varier selon votre situation financière, la stabilité de vos revenus et vos obligations.

Pour déterminer votre objectif, commencez par calculer vos dépenses essentielles mensuelles :

  • Le paiement hypothécaire ou le loyer;
  • Les taxes municipales et scolaires, le cas échéant;
  • Les factures d’électricité, de chauffage et de télécommunications;
  • L’épicerie et les autres dépenses alimentaires;
  • Les assurances;
  • Les paiements liés au transport et aux autres obligations financières;
  • Les frais nécessaires pour prendre soin de votre famille.

Par exemple, si vos dépenses essentielles s’élèvent à 3 000 $ par mois, vous pourriez viser un fonds d’urgence de 9 000 $ à 18 000 $.

Pourquoi viser trois à six mois ? Si vous perdez votre emploi, subissez une baisse de revenus ou devez vous absenter du travail pour des raisons de santé, cette réserve peut vous donner le temps nécessaire pour réorganiser vos finances et trouver des solutions.

Si vous êtes travailleur autonome, avez des revenus variables ou êtes le seul revenu du ménage, il peut être judicieux de viser une réserve plus importante. Pensez également à vérifier le délai de carence prévu dans votre assurance invalidité, puisqu’il varie selon les contrats.

Comment constituer son fonds d’urgence ?

L’important est de commencer avec un montant réaliste et de mettre de l’argent de côté régulièrement, selon votre capacité financière. Vous pouvez notamment programmer un virement automatique à chaque paie pour faciliter l’épargne. Une prime, un remboursement d’impôt ou une augmentation salariale peuvent également être de bonnes occasions de bonifier votre fonds d’urgence.

Une fois le fond fonds d’urgence constitué, l’habitude d’épargne peut être réorientée vers d’autres objectifs financiers, comme les projets à moyen terme ou la retraite. L’essentiel est de maintenir une réserve adaptée à votre situation.

Pour en apprendre davantage, lisez notre texte « la stratégie des 3 tiroirs pour maximiser son budget »

Où déposer votre fonds d’urgence ?

Les comptes d’épargne à intérêt élevé et les comptes d’épargne libres d’impôt (CELI) sont deux options intéressantes pour conserver un fonds d’urgence. Le CELI permet notamment de faire fructifier son épargne à l’abri de l’impôt.

Il faut toutefois se rappeler que le CELI est un régime d’épargne et non un placement en soi. Vous devez donc choisir un produit qui présente peu de risques et qui permet d’accéder facilement à votre argent.

Attention : lorsqu’un retrait est effectué d’un CELI, les droits de cotisation correspondants sont récupérés le 1er janvier de l’année suivante. Il faut donc éviter de cotiser à nouveau le montant retiré durant la même année si vous ne disposez pas de droits inutilisés suffisants.

Privilégiez donc un placement sécuritaire, accessible et sans pénalité importante en cas de retrait.

Si vous accumulez des dettes de cartes de crédit à gros taux d’intérêt d’un côté, il est inutile d’épargner à taux d’intérêt plus faibles de l’autre. Il peut être préférable de trouver un équilibre entre le remboursement de ces dettes et la constitution d’une petite réserve pour les imprévus.

Consultez notre texte afin d’en apprendre sur les façons de se sortir de l’endettement.

L’assurance vie

Une assurance vie pourrait être une option à considérer également. Elle joue toutefois un rôle différent de celui du fonds d’urgence : elle vise principalement à protéger financièrement vos proches en cas de décès. Une assurance invalidité peut aussi contribuer à remplacer une partie de vos revenus si vous ne pouvez plus travailler. Ces protections sont complémentaires à votre épargne, mais ne la remplacent pas.

Pour en savoir plus, consultez notre texte « L’assurance vie : en avez-vous besoin ?».

À retenir

  • Visez l’équivalent de trois à six mois de dépenses essentielles.
  • Épargnez régulièrement selon votre capacité financière.
  • Les options les plus fréquemment utilisées pour le fonds d’urgence sont les suivantes : le CELI, et les comptes d’épargne à intérêt élevé.
  • Choisissez un placement sécuritaire qui vous permet d’accéder rapidement à votre argent.