
L’année 2026 marquera un tournant pour de nombreux propriétaires. Selon la Banque du Canada, près d’un Canadien sur deux devra renouveler son prêt hypothécaire, et environ 60 % des emprunteurs verront leurs versements augmenter. Une situation qui touche particulièrement ceux qui avaient profité de taux historiquement bas durant la pandémie.
Pour y voir plus clair, Véronique Caron, courtière hypothécaire chez Multi-Prêts, a partagé son éclairage à Radio-Canada OHdio sur ce que vivent les ménages et sur les stratégies possibles.
Des renouvellements déjà en cours… et des clients informés
Contrairement à certaines craintes, plusieurs propriétaires arrivent préparés à leur renouvellement. « Les clients savent qu’il y aura une variation dans leur paiement », explique Véronique Caron. Certains avaient anticipé cette hausse et ajusté leur budget, tandis que d’autres en mesurent maintenant l’impact réel sur leurs finances.
Ajuster l’amortissement pour retrouver un équilibre
Lorsque la hausse de paiement est plus difficile à absorber, différentes options peuvent être envisagées. Prolonger l’amortissement à 25 ans, voire à 30 ans dans certains dossiers, peut permettre de réduire le versement mensuel, même si cela implique de payer plus d’intérêts à long terme.
Cette souplesse est particulièrement utile dans certaines situations de vie, comme une séparation, un rachat de conjoint ou une hausse marquée du prix des propriétés. Même si les emprunteurs ont déjà été qualifiés auparavant, devenir seul propriétaire ou racheter une part peut rendre le renouvellement plus complexe.
Dans certains cas, cette approche peut aussi être combinée à des versements accélérés aux deux semaines, ce qui permet de mieux contrôler la durée réelle du prêt tout en conservant une marge de manœuvre à court terme.
Fixe, variable, 3 ans ou 5 ans : il n’y a pas de solution unique
Autrefois très populaires, les prêts fixes de cinq ans ne sont plus automatiquement le choix par défaut. « Tout dépend du budget, mais aussi des projets liés à la propriété », rappelle Véronique Caron, qu’il s’agisse de rénovations, de l’utilisation de l’équité, du remboursement de dettes ou de projets futurs.
Résultat : les stratégies sont aujourd’hui plus diversifiées. Taux variable, fixe de trois ans ou de cinq ans, le bon choix dépend avant tout des besoins du client, et non d’une tendance générale. Il faut aussi garder en tête que les taux affichés en ligne ne reflètent pas toujours la réalité d’un renouvellement, puisqu’ils s’appliquent souvent aux prêts assurés, comme ceux des premiers acheteurs.
Magasiner son hypothèque, même au renouvellement
Renouveler, ce n’est pas simplement signer l’offre proposée par sa banque. « L’hypothèque est souvent le plus gros investissement d’une vie », souligne Véronique Caron. Comparer les options permet de s’assurer d’avoir un produit et des conditions réellement adaptés à sa situation.
Un courtier hypothécaire a accès à l’ensemble des offres sur le marché, et si la meilleure option est celle de votre institution actuelle, il vous le dira aussi.